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Croisé (croisée, croisés)

Définitions de « croisé » (croisée, croisés)

Trésor de la Langue Française informatisé

CROISÉ, ÉE, part. passé, adj. et subst. masc.

I.− Part. pass. de croiser*.
II.− Adjectif
A.− Usuel. [Correspond à croix I] Qui se croise, tout ou partie, ou qui est disposé en forme de croix. Notre Dame de Chartres Croisée en Beauce Comme une immense croix (Péguy, Quatrains,1914, p. 528).
En partic.
1. [En parlant d'un membre du corps] À la turque, les jambes croisées (Maupass., Contes et nouv., t. 2, En voyage, 1883, p. 326); jambes croisées en tailleur (Alain-Fournier, Meaulnes,1913, p. 217):
1. La chapelle est réputée pour sa maîtrise et pour ses pierres tombales, les plus belles qui soient, effigies en haut-relief des templiers qui combattirent en Terre Sainte et sont perpétués ici les jambes croisées, soit sur le mollet, soit sur la cuisse, selon qu'ils ont été, une ou deux fois, en Palestine. Morand, Londres,1933, p. 259.
2. [En parlant d'un vêtement] Le corsage à la grecque, croisé de gauche à droite (Balzac, C. Birotteau, 1837, p. 293); un costume croisé de couleur sombre (Camus, Peste,1947, p. 1337).
Rem. 1. On rencontre ds la docum. un emploi partic. : Huit pages d'une grande écriture anglaise, croisée dans tous les sens (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Épave, 1886, p. 716). 2. On rencontre également, en parlant d'un inanimé abstr., correspondant à croisement A : Rapports de tendresse à itinéraire croisé entre parents et enfants (Mounier, Traité caract., 1946, p. 145).
B.− Emplois spéc.
1. [Correspond à croix I] ANAT. Ligaments croisés. Deux ligamens [du genou] placés en sautoir l'un au-dessus de l'autre; on les nomme les ligamens croisés (Cuvier, Anat. comp.,t. 1, 1805, p. 364).
2. [Correspond à croisement B 1] BIOL. et BOT. Qui est issu d'un croisement. Fécondation croisée. Épagneul croisé avec un fox anglais (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 294).
P. ext. [En parlant d'une pers.] Une tête narquoise et bougonne, comme d'un Socrate croisé de Polichinelle (Taine, Voy. Ital.,t. 1, 1866, p. 37).
3. [Correspond à croisement B 2]
a) ART MILIT. Feu croisé (souvent au plur.). Tir partant de divers côtés pour converger sur une même cible. Mitrailleuses tirant à feux croisés (Malraux, L'Espoir,1937, p. 736).
P. métaph. En faisant feu croisé de coquetteries avec ma voisine (Barb. d'Aurev., Memor. 2,1838, p. 245).
P. anal. :
2. Le comte Maxime de Trailles se trouva l'objet de tous les regards (...) placé comme il l'était au milieu de la cheminée, illuminé par les feux croisés de deux candélabres. Balzac, Le Député d'Arcis,1847, p. 390.
b) JEUX. Mots croisés. Jeu consistant à trouver, à partir de définitions plus ou moins recherchées, des mots que l'on dispose horizontalement et verticalement sur une grille donnée, de telle sorte que certaines de leurs lettres coïncident. La grille des mots croisés reste à demi remplie (Butor, Passage Milan,1954, p. 89).
c) LING. et NEUROLING. Classification croisée. Classification dont chacun des termes est défini par une série de traits correspondant à des sous-catégorisations distinctes d'une même catégorie (d'apr. Ling. 1972). Aphasie croisée. ,,Aphasie déterminée par des lésions droites chez les droitiers`` (Clé Mots, p. 62).
d) TEXT. Qui offre un croisement de fils très serré. Velours croisé, serge croisée.
Emploi subst. Croisés de soie à la bayadère (Jouy, Hermite, t. 3, 1813, p. 227); des tentures en croisé de coton (Balzac, Splend. et mis.,1844, p. 316).
e) VERSIF. Rimes croisées. Rimes alternées. Quatrain (...) en rimes croisées (Valéry, Variété V,1944, p. 180).
III.− Subst. masc.
A.− [Correspond à croix II B] HIST. Chrétien participant au Moyen Âge à la croisade. Le croisé, avec sa croix sur la poitrine (Psichari, Voy. cent.,1914, p. 54).
P. ext. Protagoniste d'une lutte sous-tendue par des motifs idéologiques :
3. ... vous, hommes et femmes de la Résistance française, vous tous croisés à la croix de Lorraine, vous qui êtes le ferment de la nation dans son combat pour l'honneur et pour la liberté, il vous appartiendra demain de l'entraîner, pour son bien, vers l'effort et vers la grandeur. De Gaulle, Mémoires de guerre,1959, p. 310.
[En appos. avec valeur d'adj.] Chef, prince croisé; armée croisée. Philippe-Auguste et les autres souverains croisés (Cottin, Mathilde,t. 1, 1805, p. 369).
B.− [Correspond à croisement A] DANSE. ,,Position de la danse (...) lorsque, de la position de face, il [le danseur] vire sa jambe et son corps d'un demi-cercle de 45oenviron par rapport à la position primitive`` (Reyna 1967). Le tournoiement des croisés et des huit (Vercel, Cap. Conan,1934, p. 138).
Rem. On rencontre chez E. Delacroix (Journal, t. 2, 1854, p. 171), croisé, subst. masc., synon. de croisée : au croisé des deux chemins.
Prononc. : [kʀwaze]. Cf. croix. Fréq. abs. littér. Adj. : 1 306. Subst. : 295. Fréq. rel. littér. : Adj. xixes. : a) 1 928, b) 2 310; xxes. : a) 1 576, b) 1 710. Subst. : xixes. : a) 388, b) 444; xxes. : a) 395, b) 455.

Wiktionnaire

Nom commun - français

croisé \kʁwa.ze\ masculin

  1. (Histoire) Chrétien qui, au Moyen Âge, prenait la croix et partait pour la croisade.
    • Souvenons-nous aussi, messieurs, que nos croisés s’étaient laissé distraire, en passant, par la fantaisie de s’asseoir tout éperonnés sur le trône impérial de Constantinople. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française dans ses rapports avec les littératures étrangères au Moyen Âge, Revue des deux Mondes, tome 1, 1833)
    • Il portait au côté une épée sainte, relique d’un vieux croisé qui avait pris Constantinople avec Ville-Hardouin et Beaudoin de Flandre. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Palestine ! répéta le Saxon, Palestine ! Combien d’oreilles s’ouvrent aux histoires que des croisés dissolus ou des pèlerins hypocrites apportent de cette terre fatale ! — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  2. (Histoire de France) Un de ceux qui se croisèrent contre les Albigeois.
    • Les défenseurs, après avoir perdu les faubourgs, manquant d’eau, furent obligés de capituler. Le siège entrepris par l’armée des croisés ne dura que du 1er au 15 août, jour de la reddition de la place. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
  3. (Figuré) Personne engagée dans une lutte, un combat.
    • [Titre] Margaret Hodge, la croisée anglaise de la lutte contre l’évasion fiscale — (Eric Albert, Margaret Hodge, la croisée anglaise de la lutte contre l’évasion fiscale, Le Monde. Mis en ligne le 18 juin 2018)
  4. (Zoologie) Spécimen qui provient d’un croisement.
  5. Dans des traductions de l'arabe, ennemi supposé des terroristes djihadistes
    • Les «soldats du Califat» ont réussi à faire tomber un avion russe dans la province du Sinaï transportant plus de 220 «croisés» qui ont tous été tués
  6. (Tennis) Coup qui rebondit dans la moitié opposée du camp adverse.

Adjectif - français

croisé \kʁwa.ze\

  1. Qualifie des choses qui se recouvrent en croix, ou approximativement.
    • Un livre à demi ouvert sur mes genoux croisés, je suis assis devant la cheminée, où flambe le premier feu de la saison. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
  2. (Par extension) (Électronique) (Couche physique) Qualifie un câble dont les différents fils sont intervertis entre les extrémités, par opposition à droit.
    • Un câble RJ45 croisé
  3. (Élevage) Qui provient d’un croisement.
    • (Figuré) La chanson que nous avons citée plus haut : « Le roi Loys est sur son pont » a été composée sur un des plus beaux airs qui existent ; c’est comme un chant d’église croisé par un chant de guerre. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Chansons et légendes du Valois, 1854)
    • Le chien croisé est issu de chiens standardisés (race ou type) et identifiables.
  4. Que l’on rencontre chez l'un si elle existe chez l’autre.
    • Cependant, plus récemment, il a été rapporté que certains biotypes résistants à l’isoproturon montrent une résistance croisée au diclofop-méthyl (Kirwood et al. 1997) et probablement au clodinafop-propargyl (Singh et al. 1997b, […]) sans qu'ils soient préalablement utilisé dans le champ, […]. — (Gestion des mauvaises herbes pour les pays en développement, FAO, 2005, addentum 1, page 245)
  5. (Poésie) Se dit de rimes lorsqu’elles suivent l’alternance ABAB.
  6. Relatif à Croix-lez-Rouveroy en Belgique.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CROISÉ. n. m.
Voyez CROISER.

Littré (1872-1877)

CROISÉ (kroi-zé, zée) part. passé.
  • 1Qui est en croix. Ayant les jambes croisées. Je vis au pied d'un buisson, à trente pas de moi, une espèce de soldat qui, sur deux bâtons croisés, appuyait le bout d'une escopette, Lesage, Gil Blas, I, 2.

    Avoir les bras croisés, croiser ses bras sur sa poitrine. Et les deux bras croisés, du haut de son esprit, Il regarde en pitié tout ce que chacun dit, Molière, Mis. II, 5. Lorsque, les bras croisés sur sa large poitrine…, Lamartine, Nouv. méd. 7.

    Fig. Demeurer les bras croisés, demeurer dans l'inaction. Et ta vertu, qui craint de trop paraître au jour, Attend les bras croisés qu'il t'immole à ton tour, Corneille, Attila, V, 5. M. de Lorraine ne demeurera pas les bras croisés, Sévigné, 317.

    Terme de botanique. Feuilles croisées, rameaux croisés, feuilles, rameaux qui se suivent et se croisent à angle droit.

  • 2Coupé à angle. Un chemin croisé par un autre.
  • 3 Fig. Contrarié, gêné, traversé. Croisé dans ses démarches par un adversaire habile. Que cet esprit règne seul et ne soit point croisé par un autre, Montesquieu, Esp. V, 6. C'est dans les pays de la liberté que le négociant trouve des contradictions sans nombre ; et il n'est jamais moins croisé par les lois que dans les pays de la servitude, Montesquieu, ib. XX, 12. Deux petits princes d'Allemagne ne peuvent faire l'échange d'un fief ou d'un domaine, sans être croisés ou secondés par les cours de Vienne, de Versailles ou de Londres, Raynal, Hist. phil. XIX, 3.
  • 4Étoffe croisée, et, substantivement, du croisé, étoffe fabriquée à quatre marches au moins et dont les fils de la trame sont plus serrés que dans l'étoffe à deux marches.
  • 5 Terme d'anatomie. Ligaments croisés, deux ligaments très forts situés à la partie postérieure de l'articulation fémorotibiale.
  • 6Rimes croisées, celles qui sont alternées, au lieu d'aller par couples. N'est-ce pas plutôt aux poëmes d'une longue étendue qu'il eût fallu permettre les rimes croisées ? je le croirais, non-seulement parce que les vers masculins et féminins entrelacés n'ont pas la fatigante monotonie des distiques, mais parce que leur marche libre, rapide et fière, donne du mouvement au récit, de la véhémence à l'action, du volume et de la rondeur à la période poétique, Marmontel, Élém. litt. Œuvres, t. XI, p. 467. Voici le commencement de la belle ode de Pétrarque à la fontaine de Vaucluse en vers croisés, Voltaire, Mœurs, 82.

    Vers croisés, ceux où des vers de mesure inégale reviennent à tour de rôle et avec symétrie. Ce sont, par exemple, des vers croisés si l'on met deux alexandrins puis un vers de huit syllabes, puis deux alexandrins, un vers de huit syllabes, et ainsi de suite.

  • 7 Terme de guerre. Feux croisés, feux convergents qui prennent en écharpe les points battus.
  • 8 Terme de danse. Chassé croisé, chassé que le danseur et la danseuse font en même temps l'un à droite et l'autre à gauche.
  • 9 Terme d'escrime. Tireur croisé, tireur qui n'est pas bien en ligne, et qui a le pied droit trop en dedans.
  • 10 Terme de physiologie et d'élève de bestiaux. Race croisée, race qui est le résultat d'un croisement.
  • 11Qui a pris part à une croisade. Les princes croisés.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. CROISÉ. Ajoutez :
12 S. m. Un croisé, un entrelacement en croix de ficelle, de corde. Les boîtes [chargées] doivent être présentées closes d'avance… elles doivent être entourées d'un croisé de ficelle solide, scellé sur les quatre faces latérales…, Avis au public, dans Journ. offic. 27 déc. 1875, p. 10794, 3e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CROISÉ, adj. pris subst. (Manuf. en soie, fil, coton & laine.) Il se dit de toute étoffe fabriquée à quatre marches, & où les fils de chaîne sont plus serrés par cette raison, que si elle n’avoit été travaillée qu’à deux ; ainsi toute étoffe croisée est d’un meilleur user que si elle étoit simple.

Croisé, adj. en terme de Blason, se dit du globe impérial & des bannieres où il y a une croix. Gabriel, en Italie, d’azur à trois bezans d’argent, croisés de gueules ; un croissant d’argent en abysme, & une bordure endentée d’argent & de gueules. (V)

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Définition de « croisée » - Trésor de la Langue Française informatisé

CROISÉE, subst. fém.

A.− Point d'intersection.
1. [À propos d'inanimés concr., notamment voies de communications] Croisée des chemins, des routes :
1. Regarde là-bas, du côté des Halles, on a coupé Paris en quatre... Et de sa main étendue, ouverte et tranchante comme un coutelas, il [Saccard] fit signe de séparer la ville en quatre parts. − Tu veux parler de la rue de Rivoli et du nouveau boulevard que l'on perce? demanda sa femme. − Oui, la grande croisée de Paris, comme ils disent. Ils dégagent le Louvre et l'Hôtel-de-Ville. Zola, La Curée,1872, p. 389.
Emploi fig. Croisée des chemins, des routes. Moment où une personne doit faire un choix délicat :
2. Qui ne s'est assis à la croisée de deux routes. Je me demande souvent avec une sorte d'anxiété rétrospective, avec un vertige en arrière, où j'allais, ce que je devenais, si je ne fusse point allé en sixième, si M. Naudy ne m'avait point repêché juste à ces vacances de Pâques. Péguy, L'Argent,1913, p. 1131.
2. [À propos d'entités abstr.] À cette croisée de deux générations et de deux sociétés (Proust, Temps retr.,1922, p. 977):
3. La description pure nous invite à poser ainsi la question : par quel trait le besoin peut-il être un motif sur lequel le vouloir s'appuie en se déterminant? Il faut donc situer notre étude à la croisée de cette double analyse, l'une de la forme du motif, l'autre de la matière affective du besoin telle qu'elle vient de nous apparaître. Ricœur, Philos. de la volonté,1949. p. 89.
B.− Emplois spéc.
1. ARCHIT. Intersection de lignes ou de volumes.
a) Croisée d'ogive(s). ,,Croisement des nervures d'une voûte d'arête`` (Chabat 1881).
b) Intersection de la nef et du transept dans une église. Le clocher sur la croisée (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 181).
P. méton. Transept. L'église, toute d'une pièce, sans croisée qui la coupe (Michelet, Journal,1835, p. 212).Dans le côté gauche de la croisée, un autel (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 1, 1840, p. 46).
2. CONSTR. et MENUIS.
a) Vieilli. Croix de pierre ou de bois qui divise l'espace d'une fenêtre. De grandes baies à croisées de pierre (Borel, Champavert,1833, p. 75).
P. méton. Espace ainsi délimité. Les vitraux du chœur (...). Chaque croisée est une grande scène architecturale (Michelet, Chemins Europe,1874, p. 201).
b) Châssis vitré, en bois ou en métal, qui entoure et clôt une fenêtre. Les suies des usines sur les croisées des fenêtres (Céline, Voyage,1932, p. 342):
4. Les contrevents battent, on entend tomber une échelle; les croisées de la chambre de Thérèse, qui étaient mal fermées, s'ouvrent toutes grandes. Ramuz, Derborence,1934, p. 65.
P. métaph. :
5. Je fuis et je m'accroche à toutes les croisées D'où l'on tourne l'épaule à la vie, et, béni, Dans leur verre, lavé d'éternelles rosées, Que dore le matin chaste de l'infini Je me mire et me vois ange! (...). Mallarmé, Poésies,Les Fenêtres, 1898, p. 33.
P. méton. La fenêtre elle-même (notamment quand on la considère de l'intérieur). Assise, la fileuse au bleu de la croisée (Valéry, Charmes,Vers anciens, la fileuse, 1922, p. 75):
6. Les jeunes filles, restées seules, s'accoudèrent deux à deux sur l'appui des fenêtres, jasant, penchant leur tête et se parlant d'une croisée à l'autre. Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 180.
7. La rue vide s'emplit peu à peu du bruit régulier des pas. Un anarchiste tomba : on venait de tirer sur lui d'une fenêtre. Laquelle? La troupe était à cinquante mètres. Des croisées, comme on devait bien voir toutes les portes du trottoir opposé! Malraux, L'Espoir,1937, p. 447.
SYNT. Appui, châssis, embrasure, rideau, vitre de croisée; fermer, ouvrir, refermer la croisée; aller à, courir à, se mettre à la croisée; s'approcher de la croisée, regarder par la croisée; la croisée donne sur (+ élément du paysage).
3. TECHNOL. ,,Pièces de bois ou de métal fixées en croix dans tel ou tel mécanisme`` (Ac. 1932).
Rem. Emploi signalé ds la plupart des dict. gén. à partir de Besch. 1845.
Prononc. et Orth. : [kʀwaze]. Cf. croix. Admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1348 [ms. début xves.] « endroit où deux choses se croisent, se coupent » (Songe vert, 1560 ds T.-L.); 1380 (Inv. de Charles V, no4 ds Gay); 2. 1390 archéol. « carré du transept ». (doc. ds Fagniez, Doc. relatifs à l'histoire de l'industrie et du commerce, II, p. 144); 3. 1455 fenestres croesées (Lecoy, Comptes du roi René, art. 240 ds Gay); 1504 croisié (Comptes du chât. de Gaillon, p. 116, ibid.); 1527 croisée (Le Loyal Serviteur, Hist. de Bayart, ch. 17 ds Hug.). Dér. de croiser*; suff. ée*. Fréq. abs. littér. : 915. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 749, b) 1 952; xxes. : a) 996, b) 757. Bbg. Goug. Mots t. 1 1962, p. 176. − Soyer (J.). Qq. mots du fr. mod. rares ou inéd. trouvés ds les doc. orléanais. Fr. mod. 1944, t. 12, pp. 179-193.

Définition de « croisée » - Wiktionnaire

Nom commun - ancien français

croisée \Prononciation ?\ féminin

  1. Croisée.
    • À la neufiesme et derniere course d'icelles armes, le chevalier atteindit sur le bord de la croisée de l'armet de l'escuyer, et fut l'atteinte si grande que la coiffe fut enfoncée jusques à la teste. — (Olivier de La Marche, Mémoires, XVe s.)

Nom commun - français

croisée \kʁwa.ze\ féminin

  1. Croisement, carrefour, endroit où deux choses et spécialement deux routes se croisent.
    • La croisée des deux rues.
  2. (Figuré) (Par analogie) Situation d’une personne qui doit faire un choix, dont la vie pourrait être sur le point de changer.
    • Jésus et moi, on était nus. Lui sur la croix, moi à la croisée. — (François Lavallée, L’homme qui fuyait, Guy Saint-Jean éditeur, 2013, page 237.)
  3. (Architecture) Intersection en forme de croix.
    Une croisée d’ogives et sa clef de voûte.
    • Croisée d'ogive, croisement des nervures d'une voûte d'arête.
    1. (Architecture) Intersection de la nef et du transept dans une église, croisée du transept.
      • Le clocher sur la croisée. — (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1832)
  4. (Vieilli) (Architecture) Châssis d’une fenêtre, généralement en forme de croix, divisé ou non par un montant et par une ou plusieurs traverses et garni de vitres.
    Une croisée de fenêtres.
    • Alors, comme il vit au mouvement des lumières qui passaient derrière les croisées, que plusieurs habitans du village étaient réveillés. — (Alexandre Dumas, Impressions de voyage, La Revue des Deux Mondes T.1, 1833)
    • Enfin il faisait si peu de vent que les bougies allumées sur la table à jouer montraient leurs flammes tranquilles, quoique les croisées fussent entr’ouvertes. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Quatre chambres complétaient la façade, les croisées avaient des grilles de fer dorées et dans l’intérieur des volets ; elles étaient vitrées, luxe inouï dans ce pays à cette époque. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Il se jeta au fond d’une croisée, et, faisant signe à de Thou d’y venir lui parler. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, Michel Lévy frères, 1863)
    • J’eus comme un étourdissement, et je dus m’accrocher fortement aux rebords de la croisée, pour n’être pas précipité dans le vide… — (Octave Mirbeau, Le colporteur,)
    • Peu avant d’arriver à l’angle de l’aile, non loin du perron, ils remarquèrent une croisée sur laquelle étaient rabattus les contre-vents tout de guingois et que l’on pouvait ouvrir facilement. — (André Dhôtel, Le Pays où l’on n’arrive jamais, 1955)
  5. (Mécanique) Pièce de bois ou de métal fixées en croix dans tel ou tel mécanisme.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  6. (Apiculture) Bâtons mis en croix sur le haut d’une ruche.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  7. (Armurerie) Croix formée, dans les anciennes épées, par d’une part la fusée et d’autre part le talon de la lame et deux quillons droits.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  8. Triangle destiné à mettre en oscillation le babillard d’un moulin.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  9. Bois en croix placé au tourillon supérieur d'une presse à imprimer.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  10. Petite croix en bois utilisées par les dinandiers.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Définition de « croisée » - Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CROISÉ. n. m.
Voyez CROISER.

Définition de « croisée » - Littré (1872-1877)

CROISÉE (kroi-zée) s. f.
  • 1Fenêtre en croix comme on en voit dans les vieux châteaux, où l'espace total était divisé en quatre par une croix de pierre.

    Aujourd'hui châssis vitré, ordinairement à battant, qui clôt une fenêtre. Fermer, ouvrir la croisée.

  • 2 Par extension, ouverture pratiquée dans le mur d'un édifice pour donner du jour à l'intérieur, et que clôt le châssis.

    Demi-croisée, petite fenêtre qui n'a que la moitié de la largeur d'une croisée, bien qu'elle en ait toute la hauteur.

  • 3Endroit où se croisent les chemins. À la première croisée de chemins qu'elle rencontra, La Fontaine, Psyché, II, p. 146. Je délibérais aux croisées des chemins, Rousseau, Conf. IV.
  • 4Petits bâtons croisés au haut de la ruche par dedans, autour desquels les abeilles font leur cire.

    Sorte de triangle, fixé à la lanterne d'un moulin, et communiquant un fort mouvement d'oscillation au babillard.

    Les quatre branches insérées dans l'axe d'un dévidoir.

  • 5 Terme de tisserand. Entrelacement de fils bien serrés ensemble.

    Terme d'horloger. Rayons qui maintiennent le centre d'une roue.

    Terme de marine. Partie de l'ancre qui forme la croix sur la verge.

    La grande envergure des voiles vue en mer ; la longueur de leurs vergues en rade.

    Terme d'imprimerie. Pièces de bois qui, se croisant, sont attachées aux tourillons d'en haut d'une presse.

    Outil du couverturier et du potier d'étain.

HISTORIQUE

XIVe s. Avoir emploiez nos carreaulx et grez es terres d'aucuns seigneurs hors de la croisie [voirie] de Paris, Du Cange, croiseia. Jehannot fu feruz d'un espié ou de la croisie d'icellui espié, Du Cange, ib.

XVe s. Entr'autres en y a une [épée] qui a cinq croix en la croisée, Bibl. des Chartes, 4e série, t. V, p. 363. Lances leur furent baillées, et là de premiere course ne firent point d'atteinte ; à la seconde firent une rude croisée, De la Marche, Mém. liv. I, p. 322, dans LACURNE. À la neufiesme et derniere course d'icelles armes, le chevalier atteindit sur le bord de la croisée de l'armet de l'escuyer, et fut l'atteinte si grande que la coiffe fut enfoncée jusques à la teste, De la Marche, ib. Il trouva une espée qui avoit un pied et demy de long, tant richement estoffée qu'il la faisoit bon veoir, et sur la croisée avoit un brevet qui disoit…, Perceforest, t. IV, f° 37. Icelui duc le fit pendre sur son chemin, avec deux autres qui estoient du party de ceux de la ville de Gand, à la croisée d'un moulin à vent, M. de Coucy, Hist. de Charles VII, p. 654, dans LACURNE.

XVIe s. Un autre aleman luy rua une halebarde sur la teste de telle force, que jusques à la croisée de l'eschine le fouldroya, Jean D'Auton, Ann. de Louis XII, p. 168, dans LACURNE. S'estant doncques mis à l'une des croysées de la fenestre, et les dits sieurs en l'autre, Carloix, II, 11. Il y aura une grande hallée, qui croisera ledit jardin, et aux quatre bouts de ladite croisée, il y aura un amphitheatre, Palissy, 58.

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Définition de « croisée » - Encyclopédie, 1re édition (1751)

CROISÉE, s. f. terme d’Architecture, en latin fenestra, formé du grec φαίνειν, reluire ; ce qui a fait jusqu’à présent regarder comme synonymes les noms de croisée & de fenêtre : néanmoins celui de croisée est plus universellement reçu, soit parce qu’anciennement on partageoit leur hauteur & leur largeur par des montans & des traverses de pierres ou de maçonnerie en forme de croix, ainsi qu’il s’en remarque encore à quelques-unes du palais du Luxembourg ; ou soit parce qu’à-présent les chassis de menuiserie qui remplissent les baies, sont formés de croisillons assemblés dans des bâtis ; de maniere qu’on appelle indistinctement croisée, non-seulement le chassis à verre, mais aussi l’ouverture qui le contient.

Les croisées sont une des parties de la décoration la plus intéressante ; leur multitude, leurs proportions, leurs formes & leurs richesses dépendant absolument de la convenance du bâtiment, on ne peut trop insister sur ces quatre manieres de considérer les croisées dans l’ordonnance d’un édifice : car comme elles se réiterent à l’infini dans les façades, c’est multiplier les erreurs que de négliger aucune des observations dont on va parler.

La trop grande quantité d’ouvertures dans un bâtiment, nuit à la décoration des dehors ; cependant cet abus gagne au point, qu’on néglige l’ordonnance des façades pour rendre, disent quelques-uns, les dedans commodes & agréables. Il est vrai que les anciens Architectes sont tombés dans un excès opposé ; mais est-il impossible de concilier ces deux systèmes ? La mode devroit-elle s’introduire jusque dans les bâtimens ? Quel contraste de voir dans une ville où regne une température reglée, un sentiment si opposé d’un siecle à l’autre, concernant la multiplicité des croisées dans des édifices toûjours également destinés à l’habitation des hommes ! Cette vicissitude provient sans doute de ce que la plûpart des Architectes ont regardé les beautés de leur art comme arbitraires, d’où est née l’inégalité de leurs productions. Pour prévenir cet abus il est un moyen certain, qui consiste à concilier le rapport des pleins avec les vuides d’un mur de face. Or comme la largeur des croisées dépend de leur hauteur, & que l’une & l’autre sont assujetties à la grandeur & à la convenance du bâtiment, ne doit-il pas s’ensuivre que les murs ou trumeaux (voyez Trumeau) qui les séparent, doivent avoir de l’analogie avec leur baie ? de sorte que si les croisées doivent être plus ou moins élégantes, selon l’expression du bâtiment (Voyez Expression), ainsi qu’il en va être parlé, les trumeaux doivent aussi se ressentir de cette même expression ; d’où il faut conclure que les trumeaux d’une façade considérée de proportion toscane, doivent être plus larges que ceux distribués dans une façade dans laquelle on a voulu faire présider la légereté attribuée à l’ordre corinthien. Les trumeaux de l’ordonnance toscane seront donc au moins égaux au vuide ; les corinthiens & composites, au moins égaux à la moitié : & les trumeaux des autres ordonnances entre ces deux extrèmes, à l’exception des encoignures des avant-cours & des pavillons du bâtiment, qu’il faut toûjours, autant qu’il est possible, tenir de la moitié plus larges, afin de donner aux parties anguleuses une solidité réelle & apparente, mais toûjours proportionnée à la décoration rustique, solide, moyenne ou délicate qui présidera dans les dehors.

La proportion des croisées consiste à leur donner une largeur relative à leur hauteur, selon la solidité ou l’élégance de la décoration du bâtiment. Plusieurs croient qu’il suffit de leur donner de hauteur le double de la largeur. Il seroit vicieux sans doute de leur en donner moins ; mais il faut savoir que cette regle générale ne peut être propre à toutes les ordonnances ; & que ces parties si essentielles à un édifice, doivent avoir dans leurs dimensions des proportions plus ou moins élégantes, qui répondent à la diversité des ordres que l’on peut employer ensemble ou séparément dans les bâtimens : ensorte que la hauteur d’une croisée d’ordonnance toscane, puisse être réduite au plus à deux fois la largeur ; celle dorique à deux fois un quart ; celle ionique à deux fois un quart ; & celles corinthienne & composite, à deux fois & demie ; & diminuer ces différentes hauteurs à raison de la simplicité qu’on aura crû devoir affecter dans ces diverses ordonnances, c’est-à-dire selon qu’on aura fait parade de colonnes ou de pilastres dans sa décoration, que ces pilastres ou colonnes y seront traités avec une plus ou moins grande richesse ; ou enfin selon qu’on les en aura soustraits tout-à-fait, pour n’en retenir dans sa décoration que l’expression, le caractere & la proportion.

La forme des croisées est encore une chose sur laquelle il est indispensable de réfléchir dans la décoration des bâtimens ; & quoique nous n’en reconnoissions que de trois especes, les droites, les plein-ceintres, & les bombées (les surbaissées étant absolument à rejetter), il n’en est pas moins vrai qu’il n’y a que les bombées & les droites, nommées à plates-bandes, dont il faut faire usage ; autrement, lorsqu’on les fait à plein-ceintre, elles imitent la forme des portes ; & c’est une licence condamnable en Architecture, de donner à ces ouvertures une forme commune, lorsque ces deux genres d’ouvertures doivent s’annoncer différemment, malgré l’exemple de plusieurs édifices de réputation, où l’on voit des fenêtres à plates-bandes ou bombées : preuve incontestable du peu de réflexion qu’on a eue d’assigner à chaque partie du bâtiment des formes qui désignent d’une maniere stable & constante leurs divers usages. De cette imitation résulte le desordre de la décoration, qu’on remarque dans les façades. Celui-ci imite ce qu’il a vû faire à celui-là. La plûpart n’ont aucun principe. On fait un dessein, il plaît au vulgaire : enfin on passe à l’exécution, sans s’appercevoir que, plus ignorant encore que ceux qui ont précedé, on laisse à la postérité les témoignages honteux de son incapacité ; sans réfléchir qu’aujourd’hui le mérite principal de l’Architecture ne consiste pour ainsi dire que dans l’arrangement & l’application raisonnée des préceptes des anciens, & dans la maniere ingénieuse de les ajuster aux usages de ce tems, selon les loix de la convenance & les principes du goût.

Par la richesse des croisées on entend les crossettes, & les chambranles (voyez Chambranle) qui les entourent ; les arriere-corps qui les accompagnent, les corniches, les frontons, les consoles, les claveaux ou agrafes qui les couronnent. Mais l’assemblage de tous ces membres divers, dont on mesuse le plus souvent, devroit être réprimé, & n’être employé absolument que relativement à l’importance du bâtiment ; car il faut savoir en général qu’un chambranle d’un beau profil, qu’une agrafe d’une forme & d’un galbe intéressant, une table, un arriere-corps, devroient faire tous les frais de leur décoration ; rien n’étant plus abusif que de prétendre qu’une croisée ne peut être belle qu’autant qu’elle est surchargée de membres d’Architecture & d’ornemens souvent aussi peu vraissemblables que contraires aux regles de la convenance. Voyez Agrafe, Claveau, Fronton, Crossette, &c.

Il est des croisées qu’on nomme attiques, parce qu’elles tiennent de la proportion de cet ordre raccourci (voyez Attique). Il en est aussi qu’on nomme mezanines, de l’italien mezanini, parce qu’elles ont moins de hauteur que de largeur, ainsi qu’il se remarque aux façades du palais des Tuileries.

Il est encore des croisées appellées atticurgues par Vitruve, parce qu’elles sont moins larges dans leur sommet que dans leur base ; genre d’ouverture qu’ont employé fréquemment les anciens dans leurs portes & croisées, parce qu’ils prétendoient qu’elles étoient plus solides que colles dont les piédroits sont paralleles. Néanmoins cette prétendue raison de solidité n’a pas lieu en France, les obliquités dans l’Architecture réguliere étant reconnues comme une licence défectueuse. On donne encore différens noms aux croisées, selon leurs diverses applications dans les bâtimens. Par exemple, on appelle croisée à balcon, celle qui descend jusqu’au niveau du plancher ; croisées à banquettes, lorsqu’elles ont un appui de pierre de quatorce pouces, & le reste en fer ; enfin croisée en tour ronde, en tour creuse, biaise, &c. selon la forme du plan qui les reçoit. (P)

Croisée d’Ogives, sont les arcs ou nervûres qui prennent naissance des branches d’ogives, & qui se croisent diagonalement dans les voutes gothiques. (P)

Croisée ou Crosse d’une Ancre, (Marine.) est sa partie courbe qui s’enfonce dans la mer. Voyez Ancre.

Croisées d’eau, voyez Berceaux d’eau.

* Croisée, (Couverturier.) espece de petite croix de bois qui porte les bosses de chardon propres à lainer les couvertures. Voyez Couverture.

Croisée, en terme d’Epinglier ; c’est une croix de fer dans chaque bras de laquelle passe un fil de laiton qu’on recroise sur les plaques, pour les scier ensemble dans le blanchissage. Voyez Plaquer & Blanchir, & la Pl. de l’Epinglier, fig. 14.

Croisée, terme dont se servent les Horlogers. Ce mot parmi eux n’a pas une signification trop déterminée ; tantôt ils entendent par croisées, les espaces vuides compris entre les barrettes d’une roue, son bord & son centre, comme l’espace 5 c de la roue de champ, fig. 26. tantôt ils entendent par ce mot, la figure de ces espaces vuides, lorsque les barrettes, au lieu d’être terminées par des lignes droites, le sont par des lignes courbes, telles que celles des roues de la pendule à ressort. Pl. III. de l’Horlog. (T)

Croisée, (Menuiserie.) est ce qui ferme les baies des fenêtres des appartemens, & ce qui porte les vîtres. Voyez la Pl. IV. de Menuiserie, fig. 1.

Devant de croisée, dessous d’appui, soubassement de croisée, est la partie de lambris qui remplit depuis la croisée jusques sur le parquet ou quarreau.

Croisée, en terme d’Orfevre en grosserie ; ce sont les trois branches d’une croix assemblée, aux extrémités desquelles on met des fleurons, fleurs-de-lys ou autres ornemens, pour les terminer avec grace.

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Définition de « croisés » - Encyclopédie, 1re édition (1751)

CROISÉS, adj. pris subst. (Hist. mod.) c’est ainsi qu’on appelle dans l’histoire, depuis le onzieme jusqu’à la fin du treizieme siecle, les gentilshommes & les soldats qui s’unissoient pour faire le voyage de la Terre-sainte, ou pour y combattre contre les infideles. On les nommoit ainsi d’une croix d’étoffe qu’ils portoient cousue sur l’épaule.

Ce mot signifie la même chose dans les anciennes coûtumes d’Angleterre. Il désigne aussi les chevaliers de S. Jean de Jérusalem, qui portoient cette croix sur l’estomac, & protégeoient les pélerins. On entend encore par ce terme tous les nobles qui sous les regnes d’Henri II, de Richard premier, de Henri III, & d’Edouard premier, se croiserent, cruce signati, c’est-à-dire se consacrerent aux guerres entreprises pour le recouvrement de la Terre-sainte. V. Croisade. (G)

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Étymologie de « croisé »

(1559) D’abord adjectival pour « garni de croix ». → voir croiser
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Phonétique du mot « croisé »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
croisé krwase
croisée krwase

Évolution historique de l’usage du mot « croisé »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « croisé »

  • "La compétition était vraiment stressante et physique. Je savais qu'une médaille d'or conforterait ma place pour Tokyo 2020", a déclaré Abbasali. Toutefois, alors que la victoire était à portée de main, elle a subi une déchirure du ligament croisé antérieur (LCA) au niveau du genou gauche, une blessure qui provoque une souffrance à la fois physique et mentale. International Olympic Committee, Malgré sa déchirure du ligament croisé antérieur, la karatéka Hamideh Abbasali ne renonce pas à ses rêves olympiques - Actualité Olympique
  • Lorsque Xavier Bellette a croisé le chemin de Johann Basquin – «  c’est moi qui l’ai formé quand il a eu son diplôme, en 2013  » –, il s’est dit qu’il avait trouvé «  la bonne personne  » avec qui monter son entreprise. La Voix du Nord, Denain: leur entreprise de couverture tient bon malgré le choc du Covid-19

Images d'illustration du mot « croisé »

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Traductions du mot « croisé »

Langue Traduction
Anglais cross
Espagnol cruzar
Italien attraversare
Allemand kreuz
Chinois 交叉
Arabe تعبر
Portugais cruz
Russe пересекать
Japonais クロス
Basque gurutze
Corse croce
Source : Google Translate API

Synonymes de « croisé »

Source : synonymes de croisé sur lebonsynonyme.fr

Croisé

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